Historique
Santayana a
dit "Those who cannot remember the past are condemned to repeat it".
Bien que d'autres disent "Good old days" le bon vieux temps. Il
serait peut être mieux encore de prendre la thèse de Santayana et de
rectifier la fin pour dire "those who cannot remember the past are
condemned to repeat its mistakes". Nous avons besoin de connaître
l’histoire pour prévenir le retour aux erreurs.
Dans la plupart des travaux
scientifiques on trouve une introduction historique, dans laquelle, on
situe le sujet dans le temps et marque ce temps. Les publications
scientifiques des travaux de recherche donnent une idée claire sur le
temps. Tous les chercheurs tentent d’actualiser leurs données
bibliographiques. Les données les plus récentes sont les mieux
appréciées, bien que ce ne soit pas la meilleure approche. En fait,
cette vision limitée des choses fait perdre parfois des connaissances,
qu’il est impossible de retrouver par la suite. Le cas le plus évident
étant l’art traditionnel dont il faut des connaisseurs et non des
chercheurs.
La technologie alimentaire a
l'âge de l'Home puisqu'elle a existé avec lui. Nous mettons en évidence
dans ce chapitre, l'existence aussi ancienne et aussi vieille que la
civilisation humaine.
Pour les scientifiques, la
technologie est l'ensemble des procédés par lesquels on transforme une
matière première en un produit alimentaire de « bonne » qualité et
pouvant être écoulé dans le temps (conservation) et dans l’espace
(emballage et transport). Cette technologie était réduite autrefois à
l'art culinaire. Les opérations culinaires ont évolué pour devenir une
chaîne de fabrication à grande échelle et prendre l’appellation
"usine".
Parmi les technologies les
plus anciennes on trouve:
La boulangerie
La transformation de la viande
en produits carnés
L'œnologie
Le séchage, salage et fumage
des viandes et du poisson
La fermentation des olives
L'extraction des huiles
Les produits laitiers
En général, la
technologie dans le domaine alimentaire était plus pour conserver que
pour obtenir des qualités organoleptiques ou nutritionnelles.
Le schéma de ces technologies
était le suivant:
Produits dégradables
(viandes) ===> Produits conservés (fumage)
Produits non comestibles
(olives) ===> Fruits comestibles
Produits peu désirés
(lait) ===> Produits désirés (leben, fromage)
Produits abondants
(raisins) ===> Produit de fantaisie (vins)
La conception ancienne de la
technologie alimentaire n'était pas la même que la conception moderne.
En effet, La première était surtout pour conserver les aliments en
périodes de hautes productions (surplus) pour être consommés en périodes
de pénuries: céréales, dates, olives, miel, fruits secs, fromages,
viandes salées séchées etc...
Dans la conception moderne, le
mode de vie impose des transformations en produits plus désirés (laits
fermentés produits de salaison, confits etc..). Les raisons commerciales
font aussi que la technologie soit utilisée pour une présentation et une
conservation, afin de pouvoir écouler les produits sans risque
d’altération.
Les coutumes alimentaires ont
suivies les courants migratoires de l’home depuis l'Egypte jusqu'à Rome,
en passant par la Grèce, et depuis l’orient jusqu’à l’occident en
passant par le bassin méditerranéen ou par l’asie. On retrouve dans tous
les cas les mêmes outils servant à la préparation des aliments, à la
chasse, à la récolte ou à la pêche. Ces instruments ont été aussi
trouvés gravés dans les tombes des pharaons de l’ancienne Egypte.
L’art de l’œnologie, de la
brasserie, du pain, de fumage, de salage etc... a toujours existé. La
découverte des micro-organismes a certes modifié certaines phénomènes
biologiques, en agissant sur le temps de préparation ou sur la qualité
et l’hygiène du produit, mais certains produits ont perdu leur vraie
qualité. Les indices de qualité ne sont définis que d’une manière
subjective, pour n’être appliqués que dans une société ou pour une
classe de consommateurs. Le goût de certains fromages bleu comme le
roquefort, n’est pas un goût familier pour un consommateur marocain et
le goût du samn n’est pas familier à un consommateur Français. Le
concept qualité n’est pas un moyen fiable, pour convaincre le
consommateur, à changer ses coutumes alimentaires, mais au contraire, il
doit être inspiré de la tradition sans altérer à la nature de l’aliment,
tout en le garantissant sur le plan hygiène et salubrité.
Les traces et dessins de
certains aliments, de certaines opérations de préparation d'aliments, ou
de certains outils, permet aux historiens de reconstituer toute une
civilisation technologique et culinaire dans le domaine alimentaire. Ces
traces légendaires ont été trouvées en Egypte, en Grèce et à Rome.
Le pain et l'art boulanger
La boulangerie et l'oenologie
commencèrent en même temps d'ailleurs les boulangers et les fabricants
de vin se partageaient toujours le même endroit.
Le blé apparaît 10.000 ans
avant J.C. à Zagros en Irak. Des civilisations ont consommé depuis
plusieurs millénaires les céréales sous forme de bouillies ou de
galettes. L'histoire du pain commence en 2800 avant J.C. à Babylone puis
en Egypte. Pays dans lequel 1800 ans avant notre ère l'home a cuit des
pâtes de farine de blé. Les Hébreux prennent le goût du pain auprès des
égyptiens puis les religions Judéo-chrétiennes a diffusé ce produit.
La culture du blé se répartit
dans le bassin Méditerranéen. Les céréales ont existé partout dans le
monde, et c’est le seul aliment qu’on peut trouver sur tout le globe. En
Grèce cette coutume agraire est associée au culture de la déesse
Déméter. Les Grecs deviennent spécialistes du pain d'après Homère (64
sortes). Les romains adoptent le culte de Cérès équivalent de Déméter.
A l'époque d'Aurélien, la paix
sociale se résumait en deux mots:"du pain et des jeux". Les Gaulois deviennent les
meilleurs boulangers de l'empire avant la conquête romaine. Ils
confectionnent déjà des pains plus allégés en ajoutant de la cervoise
dans la pâte.
| |
|
|
| |
FARINE + SEL + EAU
I
Mélange
I
Pâte
I
Pétrissage manuel
I
Cuisson
|
|
| |
|
|
Premier type de pain: La pâte
est cuit immédiatement après pétrissage appelé pain ftir
Deuxième type de pain: La pâte
peut être laissée pour lever puis cuite appelé
pain makhmar
L’ajout d’une pâte ancienne
accélère la levée
Après la découverte de la
levure boulangère, le pain commença à changer de goût. Ce fût la
première erreur scientifique dans le domaine alimentaire. Ainsi le
levain traditionnel qui contenait les bactéries lactiques et les levures
fût remplacé par la levure de bière, qui lève la pâte sans aucune
modification chimique. Le levain traditionnel contribuait à l’hydrolyse
des phytates, contenues dans la farine, pour libérer les minéraux.
Lorsqu’on a découvert, vers la
fin du 20ème siècle, que le pain acide traditionnel est mieux
que le pain boulanger fermenté par la levure de bière, on a beau aimé
retourner à la panification d'avant la découverte de la microbiologie
(17ème), pour appliquer de nouveau la panification sur levain. C'est
actuellement le pain acide qui est à la mode.
La bière et la brasserie
Les anciens Egyptiens ont
fermenté la farine d'orge. Après mouture pétrissage et fermentation, la
pâte est reprise dans de l'eau, et remplie dans des jarres profondes en
terre cuite, pour démarrer la fermentation, puis filtrée et remise en
fermentation spontanée. La bière est décrite dans la littérature
ancienne (poèmes etc..)
Le vin et l'oenologie
L'oenologie compte parmi les
technologies les plus anciennes, que l'home a connues au cours de
l'histoire. La technologie n'était pas aussi compliquée que celle
d'aujourd'hui. En effet les raisins mûres de fin de campagne sont
écrasés, et abandonnés à une fermentation spontanée, qui dure parfois
jusqu'à plus d'un an, pour aboutir à un produit consommable. Cette
technologie était favorisée par le climat chaud de la région, qui joue
en faveur de la transformation des raisins en vin à travers une
fermentation alcoolique.
Les viandes et les produits
carnés
La conservation de la viande
par salage, séchage, fumage, et saumurage fut connue par l'homme depuis
des millénaires. Ainsi, le séchage des mammouths est une technique qui a
été rapportée dans l'histoire. En effet, l’homme primitif encore plus
proche de la nature et vivant dans un espace tellement grand et sauvage,
qu’il ne savait pas pratiquer autre chose que la chasse. Il pouvait ne
pas chasser pour manger mais peut être pour se défendre. L’abondance de
cette chasse et sa taille a amené l’Homme à conserver la viande par
séchage et par salage. Les phénomènes microbiologiques et toxicologiques
ne semblait pas vraiment intéressants à cette époque.
A cet effet historique,
s’ajoutent les techniques pratiquées par les musulmans, pour conserver
la viande du mouton de l'Eid Al Adha depuis plus de 14 siècles, surtout que le
climat est chaud dans les pays du Moyen Orient et la viande s'altère
facilement. Cette transformation a été pratiqué aussi en Afrique du Nord
et dans la péninsule ibérique. La technique des saucissons à base de
viande de mouton était connue dans le bassin méditerranéen d'ou
l'appellation Merguez qui est une appellation berbère algérienne. Le
produit est préparé actuellement en Europe. D'autres types de saucisson
fermentés notamment les saucissons libanais sont aussi communs au bassin
méditerranéen.
Le poisson était aussi un
aliment commun à la région. On connaît certaines préparations d'origine
grec, telle que la cuisson des sardines et des anchois à l'huile d'olive
et quelques plantes (coriandre et ail). Cette préparation était très
pratiquée par les habitants d'Athènes (port sur la mer). Elle est la
même que la préparation italienne, tunisienne et marocaine.
Le lait, les fromages et les
produits fermentés.
Le lait était très consommé
par les civilisations anciennes. On a trouvé deux jarres de fromage
datant depuis la première dynastie (3000-2778 B.C.). La coagulation du
lait se faisait par des plantes ou par la pressure extraite de jeunes
animaux. Le lait était caillé dans des outres de peau de chèvres, source
de quelques enzymes aidant à transformer le lait en fromage.
L'art fromager est connu dans
tout le globe. La technologie a migré avec l'Home. Alors que cet art a
commencé par une coagulation et un égouttage pour enlever le lactosérum
(liquide), il donne maintenant quelques 800 types de fromages, dont
certains types sont communs à plusieurs pays du bassin comme le feta et
le fromage frais de chèvre.
Le lait fermeté a commencé au
Moyen Orient, dans les régions un peu chaudes (Nord de l'Irak). Le
produit de la coagulation spontanée du lait fut le premier produit
préparé par l’Homme. Ce produit est consommé directement sans barattage,
sous l’appellation Raib, ou baratté pour en extraire le beurre et
obtenir un produit fluide homogène appelé laban. Le laban est connu dans
tous les pays arabes depuis l’Egypte jusqu’en Afrique du Nord. La
technologie du laban a été transférée en Russie. Le produit ayant
transité d’abord par l’Arménie, a dû être traduit pour porter le nom
Youghort. La fermentation du laban était pratiquée à 45°C, qui était la
température ambiante durant la saison de haute lactation. Les études ont
pu ensuite isolé et identifié les espèces microbiennes responsable de
cette fermentation et le procédé a été protégé. Ce produit, objet d’un
savoir-faire protégé, n'est autre que le produit naturel de la
fermentation spontanée du lait de vache du Buffalo ou de chèvre (ou
laban). Le transfert via l'Arménie et l'Azerbaïdjan a permet au produit
de se retrouver en Russie et dans toute l’Europe.
Si nombre de produits
alimentaires ont été fabriqués, de la même manière par l'home dans le
bassin méditerranéen, certaines technologies n'ont pas été transférées.
Ainsi, le samn un produit laitier très connu dans les pays du bas Médit,
n'est pas connu en Europe (Italie, Espagne, Grèce etc..). D'autant plus
qu'on note que le transfert des outils agricoles, des jarres en
terre cuite, des objets en bois etc.. a été fait avec mêmes ses formes
géométriques.
Il y avait beaucoup de
préparations à base de céréales et de laits fermentés. On connaît
actuellement des préparations à base de semoule d'orge et de Laban
fermenté comme le talbin, le meilleur aliment pour les enfants et les
anémiques et cancéreux. D'autres préparations à base de semoule de blé
et de laban fermenté c'est la saykok au Maroc ou avec du fromage frais
c'est le kechk égyptien. Le saykok au Maroc se préparait exclusivement à
partir de la semoule de mais cuite à la vapeur mélangée avec du laban
fermenté. Ces préparations ont une valeur nutritive supérieure comparées
avec les lait fermentés sucré actuellement en vente partout dans le
monde.
Il y avait d'autres
préparations joignant le lait cette fois avec la semoule de blé ou le
blé concassé. La première préparation est arabe et est appelé barkoukech,
on fait cuire le couscous frais extemporanément fait dans du lait
entier, c'est un repas qui se prenait le matin dans le petit déjeuné. La
deuxième préparation est bébère, on fait cuire le blé concassé entier
dans de l'eau avec quelques condiments puis à la fin on ajoute du lait.
Le repas se prenait aussi le matin, ion y ajoute du samn ou du beurre
beldi.
Les olives
De Athène à Rome l'art des
olive fermentées et de l'huile d'olive est pratiquement le même. La
technologie des olives est la même pour tous les pays oléicoles. Le
salage à sec des olives noires porte le nom de façon Grèce. Le procédé
des olives fermentées en saumures portent le nom de type espagnol. Les
italiens de "la muria". Pourtant cette technologie a été transférée
depuis l'Egypte, en passant par la Grèce la Turquie et l'Italie. Le
transfert est fait jusqu'à la Californie par les espagnols.
L'agriculture était plus
développée chez les romains que chez les grecs. On parle d'un proverbe
qui dit: Après le militaire l'agriculture. Les Romains ont utilisé des
moyens de conservation pour les aliments, qui vont de la forme
géométrique des récipients de conservation jusqu'à utiliser des
conservateurs naturels.
Ajout d'une couche d'huile
contre l'altération:
pix ou maurca
L'ajout de vinaigre (acetum)
Le saumurage
muria dura
Le sucrage mella (miel et eau)
et mulsa (cire d'abailles)
Séchage des fruits
Salaison de poisson (Carthage)
garum sociorumgarum et allex
On est déjà en Médecine
traditionnelle